Abus sexuels dans l’Église, les raisons de ma colère

Source : http://www.rfi.fr/europe/20190222-sommet-abus-sexuels-vatican-eglise-invitee-rendre-comptes-pedophilie-pape-francois

Alors que s’ouvrait hier le Sommet contre les abus sexuels dans l’Église par le pape François, un journaliste de France Info tweeta ceci :

Trop peu.. trop tard.
Le sommet au Vatican est bien insuffisant pour réparer l’image de l’église catholique.#pedophilie— François Beaudonnet (@beaudonnet) 21 février 2019


Je répondis sèchement en l’accusant de profiter des scandales sexuels qui ont lieu pour cracher sa haine contre l’Église. Ce à quoi il me répondit que je n’avais aucune idée de ce qu’il pensait sur le sujet. Oui c’est vrai je suis en colère contre ces scandales car une institution qui ne respecte pas ses engagements envers la Parole de Dieu et les fidèles mérite-t-elle encore d’être debout ? Cette colère froide, je préfère l’exprimer à l’écrit plutôt que de me lâcher sur les réseaux sociaux alors que ça ne donnera rien. Dans ces scandales, on peut y voir plusieurs grilles de lecture : le scandale en lui-même, la responsabilité des évêques et enfin l’hypocrisie de certains qui en profitent pour faire pression sur l’Église dans certains domaines.

Ma colère se dirige en premier contre les prêtres qui ont commis ce genre d’abus qui sont extrêmement graves. D’ailleurs, il est caractérisé deux types d’abus sexuels. Le premier concerne les actes de pédophilie sur les enfants. Mais ce n’est pas le seul. Le second concerne aussi les adultes. Nous apprenions récemment que des religieuses auraient été abusées par des prêtres très mal attentionné. La question qui se pose est la suivante : se rende-t-il vraiment compte de ce qu’ils ont fait et de l’image qu’ils donnent de l’Église. Ils savent pourtant très bien que l’enseignement de l’Église sur la sexualité est très critiqué à l’heure de la libération sexuelle. Et voilà que des hommes qui se sont engagés à respecter les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance enfreignent ces lois. Pire encore ! Ils enfreignent la parole même du Christ : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » (Matthieu, chap. 25, v. 40). Les fidèles attendent donc des prêtres une exigence d’exemplarité entre les paroles et les actes. Ces hommes-là ne méritent plus d’être prêtre. Ils devraient être démis de toutes leurs fonctions cléricales en attente de leur procès. Certes, ils sont présumés innocent. Mais c’est suffisamment grave pour les empêcher de commettre d’autres abus. C’est scandaleux car on apprend que ces prêtres ont commis plusieurs viols sur de nombreuses victimes. C’est également terrible pour les jeunes car certains prêtres avaient une aura extraordinaire auprès d’eux.

Ma colère se dirige en deuxième contre les responsables ecclésiastiques que sont les évêques. Certains ont tout fait pour étouffer les affaires. Ils n’ont pas accompagné les victimes dans leur peine. Ils ne les ont pas encouragé à porter plainte. En France, un procès ne peut être instruit que si une victime accepte de dénoncer son agresseur. Avec le temps, les faits sont prescrits. Ce n’est pas seulement dans le refus d’écouter les victimes qu’ils ont échoué mais également dans la gestion du problème. Cela passe par un mauvais choix d’un homme qui n’était pas clair dans sa tête et donc n’était pas forcément fait pour être prêtre. Comment sont choisis les futurs prêtres ? Est-ce que les évêques font attention aux problèmes psychologiques dont ils sont atteints ? Certes, avant leur condamnation les prêtres sont présumés innocents. Mais certains évêques abusent de cette présomption pour ne rien faire. Que dit le droit canon sur ce sujet ? Pas grand chose et il serait grand temps de prendre des sanctions contre ces gens-là.

Ma colère se dirige enfin contre les gens extérieurs à l’Église instrumentalisant ces abus. L’intention d’origine est bien sûr pour changer l’enseignement de l’Église sur le célibat des prêtres et la sexualité. A cet égard, le livre Sodoma du journaliste Frédéric Martel le montre. Les critiques qui l’ont lu dénoncent un langage militant. Ce journaliste affirme ouvertement qu’il est homosexuel. Selon lui, si l’Église est opposé à l’homosexualité, c’est parce que de nombreux clercs seraient homosexuels. Autrement dit, l’Église est foncièrement homophobe. Ce qui sous-entend comme raisonnement que certaines personnes homosexuelles sont également des pédophiles en puissance. Mais posons un instant la question au journaliste : est-ce que les enseignants qui sont pédophiles et ne sont pas obligés d’être célibataire vont être obligés de se marier également ? Il n’est pas clair qu’il y ait un lien entre le célibat des prêtres et les actes de pédophilie. Si comme le dit l’auteur que des prêtes sont homosexuels et que certains d’entre eux commettent des abus sur des enfants, alors il y a un lien entre l’homosexualité et la pédophilie.

A cela s’ajoute une hypocrisie émanant des partis politiques et des dirigeants français. Quand la Conférence des évêques de France a annoncé une réunion sur cette question. Des membres du Parti socialiste ont voulu faire une commission parlementaire d’enquête sur les abus dans l’Église. C’était impossible du fait de la séparation de l’Église et de l’État et également en raison de la nature même des actes qui sont des crimes conte l’humanité. C’est donc à la Justice de se saisir de ce problème. C’était risible également car le Parti socialiste a été secoué par un scandale sexuel. Un des anciens présidents du Mouvement des Jeunes Socialistes a été accusé de violes par de nombreuses militantes. Hypocrisie quand tu nous tiens ! La classe politique est également entachée d’abus sexuels sur les femmes (i.e. procès Baupin) mais ils sont les premiers à donner des leçons de morales à tout le monde. Une phrase de l’Évangile dit:  » Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?   » (Matthieu, chap. 7, v.3).

Voilà ce que je voulais écrire à ce sujet. Et il y a sûrement beaucoup d’autres choses à dire. Oui l’Église est pécheresse : les prêtres doivent être condamnés et les responsables ecclésiastiques qui ont couvert les abus également. Les victimes ont le droit d’être accompagnées dans leurs démarches judiciaires mais également dans la reconstruction de leur personne après l’abus. Non instrumentaliser les crimes contre l’Église ne changera rien. Cela ne fera que creuser le fossé entre certains fidèles qui pensent que tout le monde en veut à l’Église et le monde extérieur. Ceux qui s’en servent comme vengeance contre l’Église n’en sont pas mieux grandis. C’est tout de même un comble de se faire passer plus catholique que l’Église alors que la plupart de nos contemporains se sont détournés de la foi chrétienne. Seule la vérité permettra de sortir de la crise des abus sexuels, pas les vengeance et les petits calculs malsains de certains observateurs extérieurs à l’Église.

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Auteur : Regard d'un catholique

Je suis catholique pratiquant. Mes idées s'inspirent de la Doctrine Sociale de l'Église catholique. Sur le plan politique, je suis souverainiste, social et conservateur.

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